Recherche et études scientifiques

Le programme Riskojardin

Les chats, chiens et renards peuvent être porteurs de parasites responsables de zoonoses, c’est-à-dire de maladies qui circulent entre les animaux et les humains. L’échinococcose alvéolaire, maladie humaine rare mais grave, est ainsi provoquée par l’ingestion accidentelle des œufs d’un parasite intestinal des renards et des chiens. Ses œufs sont disséminés dans l’environnement avec les crottes de ces carnivores lorsqu’ils sont infestés. Les crottes de chats peuvent quant à elle contenir le stade infectant du parasite responsable de la toxoplasmose, pathologie humaine potentiellement grave chez les femmes se contaminant au cours de leur grossesse et chez les personnes immunodéprimées (dont les défenses immunitaires sont affaiblies). Enfin, les crottes de chats, chiens ou renards peuvent également être porteuses des œufs du parasite responsable de la toxocarose, maladie humaine généralement bénigne mais qui peut être grave chez certains patients.

Ainsi, les crottes infestées de parasites peuvent contaminer les lieux de défécation choisis par les chats, les chiens et les renards comme les potagers. Dans ce cas, la consommation crue de fruits et légumes cultivés sur ces terrains parasités peut représenter un risque sanitaire pour les consommateurs. C’est dans ce contexte que s’inscrit le programme RISKOJARDIN dont l’objectif est d’évaluer, de caractériser et de prévenir ce risque en concentrant les recherches sur les potagers. En effet, la question se pose de savoir si certains potagers sont plus propices à la défécation de ces carnivores de part leur configuration (potagers clos ? non clos ? etc.) ou leur environnement immédiat (présence de poulailler ? d’animaux domestiques ? etc.). A terme, l’idée est de définir un « potager type » où le risque de défécation et de contamination par une crotte parasitée serait minimisé voire nul. 


Ce programme repose sur une collaboration entre plusieurs équipes scientifiques : l’Université de Reims (URCA-CERFE), l’Unité de Surveillance Eco-épidémiologie des Animaux Sauvages de Nancy (ANSES), l’Entente de Lutte Interdépartementale contre les Zoonoses et le CROC.

© 2014 URCA-CERFE / M. Bastien

© 2014 URCA-CERFE / M. Bastien

Initiée en 2014, l’étude est conduite en Moselle et dans les Ardennes. Des prospections sont organisées quatre fois par an, d’octobre à mars, dans 200 terrains potagers pour rechercher et collecter des crottes de carnivores. Chaque crotte est ensuite analysée (biologie moléculaire) afin d’une part, de déterminer à quelle espèce elle appartient (chat ? chien ? renard ? autre espèce ?) et, d’autre part, d’y détecter la présence éventuelle de parasites. Parallèlement, un descriptif précis de la configuration des potagers et de leur environnement immédiat est réalisé. Aux termes de ce travail, il devrait être possible de caractériser les potagers « à risque » pour la dépôt de crottes contaminées et de proposer des mesures de prévention pour minimiser l’accès des potagers aux chats, chiens et renards.

Publications / Communication :


Bastien M., Combes B., Umhang G ., Comte S., Raton V., Boué F., Germain E. & Poulle ML. 2014. Contamination of kitchen gardens with Echinococcus multilocularis,Toxoplasma gondii and Toxocara sp. in northeastern France. Congrès ESCAP, 9-10 oct 2014, Vilnius, Lithuanie.


Bastien M., Vaniscotte A., Combes B., Umhang G., Raton V., Germain E., Villena I., Aubert D., Boué F. and Poulle M.-L. 2016. Risk factors for kitchen gardens contamination by Echinococcus multilocularis, Toxoplasma gondii and Toxocara spp. in northeastern France. EMOP, 12th European Multicolloquium of Parasitology, 20-24 Juillet 2016, Turku, Finland.

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